LA PENSEE DU JOUR

Le blogg de LYRIC

mercredi, février 23, 2000

C'est vraiment le monde à l'envers ...

NIAMEY, 21 fév (AFP) - Au Niger, pays où la plupart des mères n'arrivent pas, faute d'argent, à nourrir leurs enfants, la mode est aux grosses. Des canons de beauté qui imposent aux femmes des régimes hautes calories au risque de mettre leur santé en péril.
"Si votre sac de mil et de riz maigrissent, n'accusez pas les rats, le prédateur c'est Madame qui mange comme un lutteur de sumo", explique aux pères de famille la radio nationale qui a consacré récemment plusieurs reportages au phénomène.
Le culte de la rondeur fait partie de la tradition des Djerma, une ethnie du sud-est du Niger. Ainsi, chaque année, après les récoltes, se célèbre le "Mani'fori", "la fête des plus grosses", organisée par les femmes qui honorent la plus la plus ronde et la plus potelée d'entre elles.
Les maigrichonnes, qui n'ont pas le droit de participer à la fête, deviennent la risée du village, et n'ont qu'un souci, prendre du poids pour entrer dans le cercle des "manikoyes", "les grosses".
La mode s'est étendue à tout le territoire. "J'étais maigre comme une aiguille mais je viens de faire cadeau de toutes mes anciennes robes", jubile Indatou, 32 ans, fière d'avoir pris 20 kilos en trois mois.
Secrétaire dans un cabinet médical de Niamey, Indatou, en avait assez d'être boudée par son mari qui lui reprochait d'être "squelettique". "Depuis que j'ai grossi, il ne parle plus de prendre une seconde épouse", raconte-t-elle.
"La recette consiste à ingurgiter de la nourriture, afin de prendre du poids en un temps record", explique une nutritioniste d'une maternité de la capitale. "Les femmes mettent leur vie en danger pour grossir", explique un médecin interrogé par une radio locale.
Pour augmenter leur appétit et leur capacité d'absorbtion, elles prennent "toutes sortes de comprimés, mêmes ceux destinés à l'embouche animale", poursuit-il.
Le ministère de la Santé nigérien a déjà dû sensibiliser les femmes sur les dangers de cette "embouche mortelle", source d'infarctus et l'hypertension artérielle.
Elles consomment en particulier le "foussi", mystérieux comprimé fabriqué au Nigeria et censé donner de l'appétit.
"Pour aller plus vite, certaines ingurgitent un mélange de farine de manioc et de levure", souligne Yahaha Kané, étudiant en stage à l'hôpital national de Niamey.
Selon une source médicale, des dizaines de femmes sont hospitalisées chaque année dans la région de Tillabéry pour indigestion ou intoxication alimentaire.
Au Niger, pays parmi les plus pauvres du monde, les habitants disposent en moyenne d'un dollar par jour pour vivre.

Nous on se paye les anorexiques, eux se tapent les grosses ... la mode est donc inversement proportionnel à la quantité de bouffe disponible !!!