LA PENSEE DU JOUR

Le blogg de LYRIC

jeudi, novembre 16, 2000

On croit rêver !

PARIS, 15 nov (AFP) - Des chercheurs américains ont réussi à mettre au point un système de couplage entre l'activité cérébrale d'un singe et un membre robotisé qui reproduit, ainsi, simultanément les gestes du singe, annonce la revue scientifique Nature, à paraître jeudi.
Cette recherche permettrait aux patients atteints de graves problèmes moteurs de remplacer les muscles atrophiés par une prothèse répondant à la moindre volonté du sujet.
Les chercheurs, dirigés par Johan Wessberg (Duke University, Durham), ont placé des électrodes dans cinq régions du cortex cérébral (principalement le lobe frontal et pariétal), contrôlant le mouvement des membres supérieurs de deux petits singes nocturnes d'Amazonie, les douroukoulis (Aotus trivirgatus).
Ces micro-électrodes enregistrent l'activité de neurones situés dans ces régions lors de deux expériences distinctes de l'activité motrice des primates.
Dans la première, les deux singes déplacent avec leur main une manette dans un plan horizontal (droite ou gauche). Dans le second cas, les cobayes exécutent des mouvements complexes tridimensionnels de la main pour s'emparer d'appâts disposés dans quatre endroits différents.
L'activité de chaque neurone est amplifiée puis analysée par un ordinateur qui retranscrit cette activité en signaux destinés à générer les mouvements d'une main robotisée, simultanément avec les gestes des singes.
Wessberg a développé un logiciel capable de prévoir la prochaine position de la main artificielle grâce aux activités électriques des neurones collectés la seconde précédente. Le processus étant répété continuellement, ce programme génère une série continue des différentes positions de la main.
Cette technique s'avère aussi efficace que les modèles complexes informatiques reproduisant la trajectoire complète d'un mouvement de la main. De surcroît, les chercheurs sont capables de diffuser sur internet ces signaux qui commandent, à grande distance, les mouvements d'un deuxième robot.
L'utilisation de la "neurorobotique" constitue une" grande avancée" non seulement dans un but médical, en palliant à des paralysies, mais aussi de mieux comprendre les fonctions de ces régions cérébrales contrôlant la motricité des membres supérieures, soulignent les chercheurs.
A terme, les résultats de cette étude devraient permettre de pallier les handicaps des personnes amputées ou souffrant de graves paralysies.

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