LA PENSEE DU JOUR

Le blogg de LYRIC

samedi, octobre 27, 2001

"Les femmes aiment changer les hommes, les hommes préfèrent changer de femmes."

Anne Roumanoff

vendredi, octobre 26, 2001

AC130 ... il est pas canon, mon avion ?

C'est fou ce que la télé peut être midinette dès qu'il est question d'avions pleins de bombes. Pendant la guerre du Golfe, on la vit ainsi tomber raide dingue d'un gros engin noir, style Guerre des étoiles, le B-2, qualifié de «bombardier furtif». Une merveille de technologie moderne, carrossée comme une poêle Tefal, capable d'échapper aux radars ennemis, glissant furtivement entre deux nuages pour déposer délicatement ses bombes high-tech. Moitié fantôme, moitié gros oiseau, le «bombardier furtif» enflamma l'imagination de la télé, qui ne se lassa pas de nous le montrer sous toutes les coutures, en de lascives caresses de caméra quasi érotiques.

Voici aujourd'hui qu'elle tombe amoureuse d'un nouvel engin de mort, l'AC-13O.

Le même soir, sur toutes les chaînes, l'AC-13O s'est mis à pétarader comme un dératé. Faut dire qu'il a de quoi séduire, l'animal. Alors que le B-2 faisait dans le mystère et le fantasmatique, l'AC-130 nous la joue feu d'artifice d'apocalypse, toutes tripesdehors. C'est une véritable invention de bande dessinée, avec des canons partout, à droite, à gauche, en dessus, en dessous, à l'avant, à l'arrière, qui crachent des flammes à jet continu dans un crépitement d'enfer. La télé, devant ce monstre hérissé de pétoires en rut, est visiblement en extase, au bord de l'orgasme. Cette guerre insaisissable, réduite à des étoiles filantes dans le ciel de Kaboul, voilà enfin qu'elle la tient. Ce gros oiseau de malheur fait son bonheur, elle le montre et le remontre, se grise de vraoum boum boum tchakatchak, elle est complètement saoule, elle en perd les pédales. «Sans doute reverrons-nous bientôt l'AC-130», dit goulûment David Pujadas à la fin de son journal, comme un gosse salivant devant un jouet.

Sur toutes les chaînes, les mêmes images. Exactement les mêmes. Et le même commentaire, à la virgule près. Comme quoi l'apparition de l'AC-13O annonce à coup sûr l'imminence d'une attaque terrestre. Evidemment, ils ont trouvé ça tout seuls, les journalistes de la télé. De même que toutes les chaînes ont certainement filmé elles-mêmes l'AC-13O en action, pulvérisant le décor autour de lui. C'est pur hasard si elles en parlent toutes le même jour, avec exactement les mêmes images. Quoi ? Comment ? Ce serait le Pentagone qui leur aurait gracieusement fourni ce petit reportage de propagande, avec le mode d'emploi et la notice technique ? Ben mince alors ! Et pourquoi elles ne le diraient pas ? Parce que ça casserait l'ambiance, voilà pourquoi. Vous imaginez, un bandeau en haut de l'écran qui dirait : «Images offertes par le Pentagone en vue d'impressionner les foules» ? Autant arrêter de faire de la télé. Aussi se demande-t-on ce qui a bien pu passer par la tête des chefs de Soir 3, qui ont inscrit, au-dessus de ce mirobolant cracheur de feu, «images Pentagone». Il faut dire que les mêmes, décidément inconscients (ou suicidaires), écrivent «images d'agences» quand ils diffusent des reportages qu'ils ont achetés, qu'ils n'ont pas eux-mêmes tournés. Si la télé se met à dire comment et de quoi est faite la télé, où on va, là ?
(...)

Télérama - 27 octobre 2001 - Alain Rémond

samedi, octobre 20, 2001

La guerre subliminale...

Ainsi donc, tous les soirs, depuis le dimanche 7 octobre, nous avons rendez-vous (à l'heure où j'écris) avec le ciel de Kaboul. Un ciel strié d'étranges étoiles filantes, traînées lumineuses arrivant de tous côtés, blanches explosions s'évanouissant dans la nuit. Soir après soir, les mêmes images. On nous dit qu'il s'agit de missiles de croisière. Et, sporadiquement, de tirs de DCA. Mais aussi de bombes. Et, peut-être bien, de missiles sol-air. L'ensemble baigne dans une lumière d'aquarium. On regarde, soir après soir. On regarde et on ne voit rien. Que se passe-t-il réellement ? D'où viennent vraiment ces mortifères étoiles filantes ? Où tombent-elles ? Sur quoi ? Sur qui ? Une caméra est là, qui filme, soir après soir. Mais on ne sait rien. On ne comprend rien. Si ça se trouve, ce sont les mêmes images que la veille, rediffusées. Comment savoir ? Comment être sûr ? Qui prend la peine de comparer les étoiles filantes, leur nombre, leur trajectoire, soir après soir ? On est obligé de croire ce qu'on nous dit : « Ce soir, dans le ciel de Kaboul...» Les télés nous montrent des départs de Tomahawk dans la nuit, crachés d'un bateau, dans une fureur de flammes. Ou des décollages de bombardiers, quelque part, s'élançant de porte-avions géants. Notre oeil est sommé de relier ces images entre elles, de croire que les unes sont le résultat des autres. Mais, après tout, qui nous dit que ces Tomahawk, ces bombardiers, ne viennent pas d'images d'archives, fournies par l'armée américaine ? Qui nous dit que ce sont ces missiles-là qui font exploser le ciel de Kaboul ? Elles nous montrent aussi, les télés, dès le lendemain, des ruines, des murs écroulés, des gens qui fouillent dans ce qui fut une maison. Preuve des dégâts causés par les bombardements. Mais où sommes-nous vraiment ? Quelles sont ces ruines ? Y a-t-il, en cet endroit précis, des victimes ? Combien ? On n'en sait rien. Ces images-là viennent d'Al-Jazira, la télé du Qatar, qui filme sous contrôle taliban. Interdit d'en dire plus, d'en montrer plus. Quelques jours plus tard, à Washington, le ministre de la Défense et le chef d'état-major nous convient à la rituelle séance diapos : avant/après. Regardez cet aéroport avant les frappes, nous dit le général en montrant des petits points noirs avec sa baguette. Et maintenant, le même aéroport après les frappes. Voyez, c'est clair : on a tout cassé. Je regarde, je m'applique, mais je ne vois rien. J'ai l'impression de voir deux fois la même diapo. Sans la moindre différence. Mais c'est parce que je ne suis pas expert, me dis-je. S'il le dit, c'est que ça doit être vrai. Voilà où j'en suis, aujourd'hui, vendredi 12 octobre. Les frappes durent depuis cinq jours. Elles ont lieu tous les soirs. De cela, j'en suis sûr. Mais que se passe-t-il réellement sur place, à Kaboul, Kandahar, Herat ? Quel est le bilan, humain et matériel, de ces bombardements ? Je n'en sais rien. Cette guerre est invisible. Comme celle du Golfe.

Voici maintenant une autre image, venant de l'autre côté : la vidéo de Ben Laden, en chef de guerre antisémite et fanatique appelant au djihad. De quand date-t-elle ? Où a-t-elle été tournée ? Nous la montre-t-on dans son intégralité ? Je n'en sais rien. Où est aujourd'hui Ben Laden ? Que prépare-t-il ? Pas de réponse. Cette vidéo est une formidable arme de guerre. Mais elle pose autant de questions que le ciel explosé de Kaboul. Quelque temps plus tard, on me dit que des experts, au Pentagone, ont entrepris de la décrypter. Et qu'ils y ont vu des messages quasi subliminaux, lourds de menaces, genre guerre bactériologique. CNN, aussitôt, proclame qu'elle ne diffusera plus de vidéos de ce genre avant de les avoir soumises au regard acéré des pros du Pentagone.

Cette guerre est écrite à l'encre invisible. Et j'en apporte à mon tour la preuve. Le jour même des attentats contre le World Trade Center, le 11 septembre, il s'est passé, sur TF1, quelque chose d'inouï. A 10h15, heure de New York, alors que PPDA est à l'antenne pour commenter, en direct, l'écroulement de la première tour, l'image soudain bascule. On voit alors, pendant quelques secondes, un extrait de La Guerre des étoiles. Harrison Ford, dans son vaisseau spatial, s'écrie : « Je l'ai eu ! » C'est écrit sur l'écran, en sous-titre. Tandis qu'on entend toujours, en off, la voix de PPDA, se demandant combien de personnes sont à ce moment-là dans les tours. Juste quelques secondes. Apparemment, personne n'a vu ça. Sauf un lecteur, qui nous a alertés. Je viens de regarder la cassette. Je l'ai vu, de mes yeux vu, Harrison Ford s'écriant : « Je l'ai eu ! » dans son vaisseau spatial, juste après l'attentat. Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? D'où vient ce message subliminal ? Ben Laden a-t-il infiltré la régie de TF1 ? Je confie le dossier aux as du Pentagone. Entre deux commentaires de diapos, ils vont peut-être trouver le temps de s'y intéresser.

Télérama - 13 octobre 2001 - Alain Rémond

mercredi, octobre 03, 2001

L'histoire de la boîte à baisers

Il y a de cela plusieurs années, un père punit sa fillette de 3 ans pour avoir inutilement dépensé un rouleau de papier doré. L'argent se faisait rare et le père ne put supporter que la fillette utilisa le papier pour décorer une boîte à cadeau destinée à être mise sous l'arbre de Noël.

Le lendemain matin, la petite enfant apporta le cadeau et le donna à son père en lui disant : c'est pour toi Papa ! Embarrassé, celui-ci regretta sa trop vive réaction. Toutefois, elle se raviva et ne fit qu'empirer quand il découvrit que la boîte était vide. Il cria alors a sa petite fille : "ne sais-tu pas que lorsqu'on offre un cadeau il doit toujours y avoir quelque chose dans la boîte ?"

La fillette regarda son papa les yeux pleins de larmes et lui dit : "mais papa, la boîte n'est pas vide elle est pleine de baisers juste pour toi !"

Le père était chaviré, il enlaça sa fille, en lui demandant de lui pardonner sa réaction.

Peu de temps après, un accident vint faucher la fillette. Le père garda longtemps la boîte tout près de son lit. A chaque fois que le découragement l'assaillait, il prenait la boîte et en tirait un baiser imaginaire en se rappelant l'amour que l'enfant y avait mis.

Au fond cette fable nous rappelle qu'il est donné à chacun de nous, humain, de disposer d'une telle boîte dorée, remplie d'amour inconditionnel et de baisers de nos enfants, de notre famille, de nos ami(e)s. Existe-t-il de plus grand cadeau ?

"Les amis sont comme des anges qui nous remettent en position quand nos ailes ne se souviennent plus comment voler..."