LA PENSEE DU JOUR

Le blogg de LYRIC

samedi, octobre 20, 2001

La guerre subliminale...

Ainsi donc, tous les soirs, depuis le dimanche 7 octobre, nous avons rendez-vous (à l'heure où j'écris) avec le ciel de Kaboul. Un ciel strié d'étranges étoiles filantes, traînées lumineuses arrivant de tous côtés, blanches explosions s'évanouissant dans la nuit. Soir après soir, les mêmes images. On nous dit qu'il s'agit de missiles de croisière. Et, sporadiquement, de tirs de DCA. Mais aussi de bombes. Et, peut-être bien, de missiles sol-air. L'ensemble baigne dans une lumière d'aquarium. On regarde, soir après soir. On regarde et on ne voit rien. Que se passe-t-il réellement ? D'où viennent vraiment ces mortifères étoiles filantes ? Où tombent-elles ? Sur quoi ? Sur qui ? Une caméra est là, qui filme, soir après soir. Mais on ne sait rien. On ne comprend rien. Si ça se trouve, ce sont les mêmes images que la veille, rediffusées. Comment savoir ? Comment être sûr ? Qui prend la peine de comparer les étoiles filantes, leur nombre, leur trajectoire, soir après soir ? On est obligé de croire ce qu'on nous dit : « Ce soir, dans le ciel de Kaboul...» Les télés nous montrent des départs de Tomahawk dans la nuit, crachés d'un bateau, dans une fureur de flammes. Ou des décollages de bombardiers, quelque part, s'élançant de porte-avions géants. Notre oeil est sommé de relier ces images entre elles, de croire que les unes sont le résultat des autres. Mais, après tout, qui nous dit que ces Tomahawk, ces bombardiers, ne viennent pas d'images d'archives, fournies par l'armée américaine ? Qui nous dit que ce sont ces missiles-là qui font exploser le ciel de Kaboul ? Elles nous montrent aussi, les télés, dès le lendemain, des ruines, des murs écroulés, des gens qui fouillent dans ce qui fut une maison. Preuve des dégâts causés par les bombardements. Mais où sommes-nous vraiment ? Quelles sont ces ruines ? Y a-t-il, en cet endroit précis, des victimes ? Combien ? On n'en sait rien. Ces images-là viennent d'Al-Jazira, la télé du Qatar, qui filme sous contrôle taliban. Interdit d'en dire plus, d'en montrer plus. Quelques jours plus tard, à Washington, le ministre de la Défense et le chef d'état-major nous convient à la rituelle séance diapos : avant/après. Regardez cet aéroport avant les frappes, nous dit le général en montrant des petits points noirs avec sa baguette. Et maintenant, le même aéroport après les frappes. Voyez, c'est clair : on a tout cassé. Je regarde, je m'applique, mais je ne vois rien. J'ai l'impression de voir deux fois la même diapo. Sans la moindre différence. Mais c'est parce que je ne suis pas expert, me dis-je. S'il le dit, c'est que ça doit être vrai. Voilà où j'en suis, aujourd'hui, vendredi 12 octobre. Les frappes durent depuis cinq jours. Elles ont lieu tous les soirs. De cela, j'en suis sûr. Mais que se passe-t-il réellement sur place, à Kaboul, Kandahar, Herat ? Quel est le bilan, humain et matériel, de ces bombardements ? Je n'en sais rien. Cette guerre est invisible. Comme celle du Golfe.

Voici maintenant une autre image, venant de l'autre côté : la vidéo de Ben Laden, en chef de guerre antisémite et fanatique appelant au djihad. De quand date-t-elle ? Où a-t-elle été tournée ? Nous la montre-t-on dans son intégralité ? Je n'en sais rien. Où est aujourd'hui Ben Laden ? Que prépare-t-il ? Pas de réponse. Cette vidéo est une formidable arme de guerre. Mais elle pose autant de questions que le ciel explosé de Kaboul. Quelque temps plus tard, on me dit que des experts, au Pentagone, ont entrepris de la décrypter. Et qu'ils y ont vu des messages quasi subliminaux, lourds de menaces, genre guerre bactériologique. CNN, aussitôt, proclame qu'elle ne diffusera plus de vidéos de ce genre avant de les avoir soumises au regard acéré des pros du Pentagone.

Cette guerre est écrite à l'encre invisible. Et j'en apporte à mon tour la preuve. Le jour même des attentats contre le World Trade Center, le 11 septembre, il s'est passé, sur TF1, quelque chose d'inouï. A 10h15, heure de New York, alors que PPDA est à l'antenne pour commenter, en direct, l'écroulement de la première tour, l'image soudain bascule. On voit alors, pendant quelques secondes, un extrait de La Guerre des étoiles. Harrison Ford, dans son vaisseau spatial, s'écrie : « Je l'ai eu ! » C'est écrit sur l'écran, en sous-titre. Tandis qu'on entend toujours, en off, la voix de PPDA, se demandant combien de personnes sont à ce moment-là dans les tours. Juste quelques secondes. Apparemment, personne n'a vu ça. Sauf un lecteur, qui nous a alertés. Je viens de regarder la cassette. Je l'ai vu, de mes yeux vu, Harrison Ford s'écriant : « Je l'ai eu ! » dans son vaisseau spatial, juste après l'attentat. Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? D'où vient ce message subliminal ? Ben Laden a-t-il infiltré la régie de TF1 ? Je confie le dossier aux as du Pentagone. Entre deux commentaires de diapos, ils vont peut-être trouver le temps de s'y intéresser.

Télérama - 13 octobre 2001 - Alain Rémond

1 Comments:

  • At 4 octobre 2006 à 05:52, Anonymous Anonyme said…

    Cette chose je l'ai vue moi aussi ainsi qu'un membre de ma famille avec lequel je regardais la télévision. Ce moment nous a tous deux marqué... Nous avons immédiatement cherché à comprendre ce qui s'était passé, jugeant impossible qu'il puisse s'agir d'un simple hasard.
    Mais il n'y a rien de très clair. La direction de TF1 aurait brièvement déclaré que cela serait provenu d'une simple erreur technique; les programmes de Canal+ auraient interférés avec ceux de TF1...
    Ce serait bien la première fois que ça arrive...
    La chaîne cryptée diffusait bien l'épisode correspondant de la Guerre des Etoiles ce mois ci, MAIS pas à ce moment précis...
    De plus il est impossible de trouver des archives, des images de ce moment sur la Toile.
    Vous avez dit bizarre?...
    Ce n'est rien... Saviez vous que des scènes de liesse ont eu lieu dans certains quartiers de Paris à l'annonce des Attentats du 11 septembre?...

     

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